Dans un contexte marqué par le changement climatique, les tensions géopolitiques, la hausse des coûts de production et les nouvelles attentes sociétales, les discussions ont mis en lumière le rôle stratégique de la semence pour la résilience des agricultures et des filières agroalimentaires.
Une filière française solide mais confrontée à de nouveaux défis
À cette occasion, Rachel Blumel, directrice de l’Union Française des Semenciers, a rappelé plusieurs chiffres-clés illustrant le poids stratégique de la filière française des semences.
La France demeure aujourd’hui le premier producteur européen de semences et le premier exportateur mondial de semences de grandes cultures. La filière représente un chiffre d’affaires de 3,9 milliards d’euros, dont plus de la moitié réalisés à l’export, et consacre près de 450 millions d’euros par an à la recherche et à l’innovation (soit 13% du CA investi en moyenne par les entreprises).
Malgré cette position de leader, un paradoxe français a été souligné au cours des échanges : la filière semencière française, reconnue mondialement pour l’excellence de sa recherche, la qualité de ses productions et son savoir-faire historique, évolue pourtant dans un environnement de plus en plus contraint. Aux défis déjà posés par la hausse des coûts, les tensions sur les moyens de production, la concurrence internationale ou encore les aléas climatiques, s’ajoute un cadre réglementaire parmi les plus exigeants au monde. Si ces exigences traduisent un haut niveau d’ambition pour l’agriculture française, elles sont aussi susceptibles d’affecter la compétitivité de la filière et d’encourager le développement de certaines activités à l’international.
Regards croisés d’entreprises semencières à dimension internationale
Laurent Guerreiro (RAGT), Régis Fournier (Limagrain) et Basile de Bary (Sakata), tous les trois issus d’entreprises adhérentes à l’UFS, ont apporté un éclairage concret sur la manière dont leurs entreprises appréhendent les transformations du contexte international.
Ils ont partagé leur vision du développement à l’international et les impacts très concrets des évolutions géopolitiques sur leurs activités : sécurisation des approvisionnements, compétitivité des sites de production, organisation des flux commerciaux ou encore adaptation aux cadres réglementaires selon les régions du monde.
Les échanges ont également mis en évidence le rôle croissant de l’innovation, notamment les NGT, le numérique et l’intelligence artificielle, pour répondre aux enjeux de compétitivité, de durabilité et d’adaptation au changement climatique.
Une semence plus stratégique que jamais
La note publiée par Agridées souligne combien la semence est devenue un levier stratégique pour relever les défis agricoles et alimentaires des prochaines années.
Résilience face aux stress climatiques, développement de nouvelles variétés, contribution à la souveraineté alimentaire, adaptation des filières ou encore réduction des intrants : les attentes à l’égard de la semence n’ont jamais été aussi fortes.
Dans ce contexte, les intervenants ont rappelé l’importance de préserver un environnement favorable à l’innovation et à la production semencière en France afin de permettre à la filière de continuer à investir, produire et innover au service des agricultures françaises et européennes.
L’UFS remercie chaleureusement Marie-Cécile Damave pour son implication dans la réalisation de cette publication ainsi que pour l’animation de cet événement, qui a permis des échanges particulièrement riches et constructifs.
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