Précision, attention, observation, la production de semences se caractérise par un soin méticuleux apporté aux graines, à chaque étape de la chaîne de production. Du champ à l’usine, toute la filière est tracée, depuis les premières semences-mères  « de base », jusqu’aux semences ensachées vendues à l’agriculteur.

CHIFFRES CLÉS

1er producteur européen : plus de 380 000 Ha
Production de semences dans 95 départements sur 101 
1 million de tonnes de semences produites chaque année
Développement du bio : 14 000 ha et 500 variétés multipliées en France en hausse de +70% en 2 ans. (GNIS)
19 000 agriculteurs multiplicateurs en contrat
+9 entreprises spécialisées dans la production (par rapport à 2017 – GNIS)
Plus de 180 usines
5700 ETP (+27% en 5 ans)
2,2% du CA/an : investissements dans les outils industriels

MULTIPLIER

Partant de quelques semences d’une variété nouvelle, il faut plusieurs générations de multiplication pour approvisionner le marché en quantité suffisante. L’obtenteur réalise la production des toutes premières générations jusqu’au stade où des superficies plus importantes sont nécessaires. Alors, les semences de bases sont placées chez des agriculteurs-multiplicateurs afin d’être multipliées, avant d’être récoltées, triées, ensachées puis distribuées, selon les normes en vigueur.

La qualité se prépare dès le semis

Les agriculteurs-multiplicateurs, souvent spécialisés en production de semences, mettent en œuvre toutes les conditions pour obtenir une semence de qualité, suivant un cahier des charges très précis d’isolement des cultures, de rotation, d’irrigation et d’équipements, issus d’obligations réglementaires et de demandes techniques spécifiques à l’entreprise semencière.

La semence, produit vivant et fragile

Lors du passage à l’usine, l’enjeu est de conserver la haute qualité de semences acquise au champ. Dès la réception de la récolte, un échantillon par lot est prélevé pour analyser la qualité du lot. Ensuite, les lots entrent dans le circuit de fabrication et de mise aux normes. Tout au long de la chaîne de fabrication, la plus grande attention est apportée à la préservation du potentiel de germination et à la pureté des semences, grâce à un matériel approprié et un nettoyage drastique de toutes les installations.

PRÉSERVER LA QUALITÉ SANITAIRE

En France, pour un certain nombre d’espèces, la commercialisation sur le territoire européen fait l’objet d’une réglementation imposant la certification officielle des semences et l’apposition d’un certificat du Service Officiel de Contrôle (étiquette bleue).Pour les espèces non-certifiées, telles que les potagères, des standards de qualités sont bien entendus requis pour la commercialisation.

Les normes de certification sont encadrées par des directives européennes, complétées depuis 2019 par le règlement Santé des Végétaux qui définit de nouvelles exigences pour l’état sanitaire des plantes et des semences pour pourvoir circuler au sein de l’Union Européenne et être exportées.

L’accroissement des flux mondiaux et le changement climatique, qui facilite la survie en Europe d’organismes nuisibles jusqu’à présent absents,  rendent d’autant plus nécessaire le bon état sanitaire des semences, ce que garantit les réglementations en place.  De fait, une semence saine est la base d’une production agricole saine.

COMPÉTITIVITÉ

L’entreprise veille à fournir des semences répondants aux normes sanitaires du pays de destination afin d’éviter la dissémination d’organismes ou de maladies indésirables. La pureté des lots, la faculté germinative et les qualités technologiques de la semence comptent également parmi les facteurs clés pour les clients agriculteurs. La production de semences exige donc un savoir-faire agronomique et des process opérationnels irréprochables et sophistiqués (trieurs optiques…).

La compétitivité de la production de semences française résulte de la régularité de la production et la qualité de la semence, qui permettent le bon approvisionnement des marchés. Divers facteurs permettent d’expliquer cette capacité à produire, chaque année, à l’objectif :

– L’expertise et le savoir-faire des agriculteurs-multiplicateurs,

– La diversité des sols et climats  du territoire français, qui limite les risques

– Le recours à l’irrigation pour limiter les impacts des soubresauts climatiques

– la capacité à travailler des parcelles de taille variable, notamment des petites parcelles,  sans perte de résultat

– la technicité des usines (équipement et opérateurs)

Activité complexe et technique, la production de semences est avant tout une réalisation collective où chaque opérateur intervient en toute responsabilité, dans un cadre précis.

PROTÉGER LES USAGERS

Les entreprises semencières sont engagées dans des systèmes qualités pour protéger l’environnement, les pollinisateurs et les opérateurs.

Créé en 2011 à l’initiative de l’UFS avec le soutien du GNIS-SOC, le référentiel français « Plan Qualité Poussières » (PQP) vise à maîtriser les émissions de poussières lors du semis de semences traitées avec des produits phytosanitaires. La démarche a été reprise au niveau européen avec la création du référentiel « European Seed Treatment Assurance » (ESTA) en 2013. Le Plan Qualité Poussière et l’European Seed Treatment Assurance sont équivalents.

Ces systèmes volontaires garantissent la bonne application des produits phytopharmaceutiques sur les semences et la maîtrise des émissions de poussières des semences traitées, au moment des semis, en protégeant l’environnement mais également les opérateurs en usine et les agriculteurs. En plus d’apporter aux agriculteurs la garantie d’utiliser des semences traitées de haute qualité, les entreprises semencières engagées dans cette démarche communiquent aux agriculteurs les bonnes pratiques en matière de sécurité concernant la manutention et l’utilisation des semences traitées.

La France est le premier pays européen en terme de sites certifiés.

LE SAVIEZ-VOUS ?

Suivant les espèces, les quantités de semences certifiées par rapport aux quantités livrées peuvent être très variables :
> 100 kg de graines brutes humides de tournesol entrant dans la station donnent en moyenne 70 kg de semences en sacs
> 100 kg d’épis de maïs humides donnent environ 50 kg de semences de maïs.

LES ENJEUX DES MÉTIERS DE LA PRODUCTION

  • Développer la compétitivité de la production française :

Dans un contexte de compétition mondiale, il est nécessaire d’identifier les leviers de compétitivité et d’encourager l’innovation technique pour une production durable.

L’UFS est force de proposition pour développer des démarches collectives « qualité » pour accompagner les entreprises : référentiels ESTA, PQP…