La recherche et l’innovation variétale jouent un rôle déterminant dans le processus d’amélioration des plantes. Avec en moyenne 13% du CA dédié à cette activité, les entreprises semencières investissent pour offrir des réponses concrètes en proposant des variétés performantes et diversifiées aux agriculteurs, aux industries de transformation, et plus largement aux attentes des consommateurs-citoyens. Pour maintenir cette dynamique d’innovation nécessaire, l’UFS soutient un cadre règlementaire permettant de relever les défis agricoles, environnementaux et sociétaux.

CHIFFRES CLÉS

73 entreprises impliquées dans la sélection
131 centres de recherche en France
13 % du C.A investi en R&D chaque année
70 espèces cultivées
6 100 variétés disponibles au catalogue français
600 nouveautés inscrites en France chaque année
11 réseaux de conservation de ressources génétiques

L’AMÉLIORATION DES PLANTES

Le développement d’une variété nécessite de 7 à 10 ans de travail en moyenne. Lors de ces nombreuses années de recherche et d’expérimentation, les plantes de différentes origines sont croisées pour associer des caractéristiques complémentaires. Leurs descendances sont observées sur le terrain pendant plusieurs années, dans des lieux différents et sous différentes conditions de culture. Elles sont évaluées pour leurs performances agronomiques et alimentaires ou leur aptitude à la transformation technologique (par ex. extraction d’huile, panification, biscuiterie, brassage de bière, etc).

Au cours des 20 dernières années, la progression des connaissances scientifiques sur le génome des plantes, associée aux sauts technologiques en matière d’informatique et de gestion des données ont permis de multiplier le nombre de variétés testées et d’améliorer la prédiction de leur valeur. Aujourd’hui, les techniques associées à la connaissance du génome sont des outils de routine qui permettent d’affiner les croisements de départ, de mieux trier leurs descendances et de gagner ainsi quelques précieuses années pour apporter des solutions aux producteurs et aux consommateurs/citoyens.

De nombreuses disciplines sont désormais mobilisées dans un programme d’amélioration des plantes : l’agronomie, la biochimie, la bio-informatique, la biologie et la physiologie végétales, la santé des plantes. Toutefois, être semencier reste avant tout un métier de terrain, d’observation rigoureuse et régulière des plantes, où prévaut le temps long.

ENTRETENIR LA BIODIVERSITÉ GÉNÉTIQUE

Les plantes cultivées et les plantes sauvages apparentées forment l’ensemble des ressources génétiques d’une espèce (par ex. chou, colza, moutarde, navet). Pour les sélectionneurs, elles constituent des réservoirs de caractéristiques qui peuvent permettre de répondre aux futurs besoins de la société.

Les entreprises semencières sont donc associées à la recherche publique afin de collecter, reproduire et évaluer les ressources génétiques, en participant à des réseaux nationaux et mondiaux de conservation. Les variétés nouvelles contribuent à leur tour à enrichir la biodiversité cultivée, pour le bénéfice de tous.

LES AXES DE SÉLECTION 

Face aux attentes sociétales et au changement climatique, la nécessité de réponses concrètes se fait plus forte. Les semenciers sont partie-prenante d’une approche « combinatoire » des solutions, regroupant l’amélioration génétique des plantes, l’adaptation des pratiques agronomiques et des solutions de protection des plantes, pour une agriculture plus vertueuse.

Les espèces cultivées sont améliorées sur trois axes principaux :
– produire en quantité
– avec une meilleure valorisation des ressources par les plantes (eau, engrais, produits de protection de la culture)
– en améliorant la qualité du produit fini en fonction de sa destination.

Produire en quantité, avec régularité  
Le rendement est toujours un critère primordial de rentabilité économique pour l’agriculteur ou le maraîcher. Les surfaces agricoles ne sont pas extensibles et disparaissent dans certaines régions du monde. L’accroissement des populations nécessite d’optimiser les ressources en sol disponibles en valorisant au mieux chaque hectare.

Produire mieux 

Améliorer l’efficience des plantes à valoriser l’eau et les engrais, ainsi qu’augmenter leur résistance aux maladies et ravageurs. C’est le défi quotidien des sélectionneurs, qui sont animés depuis toujours par l’ambition de rendre les plantes capables de lutter par leurs propres moyens, en limitant le recours aux produits phytosanitaires.

Ainsi la sélection a sauvé l’orge du virus de la mosaïque grâce aux variétés tolérantes ; en blé, la tolérance aux larves de la cécidomyie évite des traitements insecticides et pour toutes les céréales la résistance au fusarium (un champignon du sol) est un impératif.

Des produits de qualité
Les caractères recherchés sont de plus en plus complexes et diversifiés, répondant à des marchés toujours plus divers : saveurs, modes de cuisson, aptitude à la conservation, à la transformation (surgélation), diversité des débouchés alimentaires et également non-alimentaires… Par exemple, on a sélectionnés des melons sucrés, des concombres sans amertume, développé des blés de qualités technologiques différentes adaptées à la meunerie et à la biscuiterie. L’alimentation animale fait également l’objet d’une attention particulière afin d’améliorer la valeur alimentaire des fourrages.

LE SAVIEZ-VOUS ?

Une variété inscrite résulte de : environ 150 croisements, plus de 1000 microparcelles d’essais comparatifs, des millions de plantes observées et analysées, l’œil du sélectionneur, le succès aux épreuves d’inscription officielle. Résultat, il faut compter de 7 à 10 années d’investissement avant de commencer la commercialisation !

A titre d’exemple, 150 programmes de recherche sont actifs pour les plantes potagères.

LES ENJEUX DES MÉTIERS DE LA SÉLECTION 

  • Biodiversité & Ressources génétiques

Mettre en œuvre des dispositifs fonctionnels et acceptables pour partager les avantages issus de l’utilisation des ressources génétiques.

  • Méthodes de sélection

Préserver et développer la capacité d’innovation grâce à un cadre réglementaire approprié pour l’utilisation des méthodes récentes de sélection, afin de répondre aux attentes des marchés et des consommateurs.

  • Projets collaboratifs de recherche

Anticiper l’orientation des thématiques de recherche pour un meilleur accès aux projets de recherche public/privé aux niveaux national et européen.

  • Propriété intellectuelle

Préserver des systèmes de propriété intellectuelle propres aux variétés végétales et favorables au partage de l’innovation.

  • Inscription & Protection variétale

Veiller à l’évolution du système d’inscription et de protection variétale en France et dans l’UE.

  • Agroécologie et agriculture biologique

Valoriser la sélection végétale comme réponse agroécologique auprès des décideurs et accompagner le développement de l’agriculture biologique dans le respect des différentes filières bio et conventionnelles.