Les progrès génétiques majeurs connus ces 50 dernières années ont permis de structurer des filières de transformation de betterave particulièrement performantes (sucre, éthanol…). A l’origine de ces filières, les semences de betterave & chicorée bénéficient de la bonne coopération entre les sélectionneurs et les industries de transformation primaires.

CULTURE ET TRANSFORMATION DE LA BETTERAVE

La betterave sucrière est le principal usage de la plante en France. Localisées dans un large quart Nord-Est de la France et en Limagne, les betteraves se cultivent autour des pôles industriels de transformation. Outre les différentes présentations du sucre (sucre en poudre, cassonade, sucre glace, vergeoise, sucre cristallisé blanc, sucre moulé en morceaux), la transformation génère des coproduits comme la pulpe de betterave et la mélasse, destinées à l’alimentation animale. L’alcool de betterave est utilisé dans les spiritueux, en parfumerie, en pharmacie voire dans les produits chimiques et les solvants.

L’éthanol est utilisé en substitution partielle ou totale des hydrocarbures pétroliers, ce qui permet de diminuer notre dépendance aux énergies fossiles et limiter l’effet de serre.

La betterave fourragère retrouve, depuis quelques années, sa place dans les rations alimentaires des animaux d’élevages. Appétente et digeste, très économique et respectueuse de l’environnement, elle s’impose comme une ressource intéressante pour les éleveurs.

La chicorée peut être utilisée fraîche pour l’extraction de l’inuline et des fructoses (chicorée à sucres, premier débouché de la chicorée), ou séchée pour être torréfiée (chicorée « à café »). C’est également un produit de pharmacopée qui entre dans la composition de certains médicaments. Enfin, elle peut être pâturée (grands animaux et oiseaux sauvages, entre autres) et ainsi servir de fourrage.

EN BETTERAVE COMME EN CHICORÉE, LA SEMENCE EST AU SERVICE DE LA FILIÈRE

Les semenciers créent des variétés de mieux en mieux adaptées, à la fois aux conditions culturales et aux contraintes industrielles. Ils anticipent les besoins des filières grâce à la liaison étroite qu’ils entretiennent avec les planteurs, les sucreries et distilleries et les torréfacteurs de chicorée.

Parmi les grands sauts issus de l’amélioration des plantes, la création de graines monogermes a permis de réaliser des semis sans intervention manuelle par le démariage, ce qui a réduit fortement les frais de main d’œuvre pour la culture de la betterave à sucre et fourragère.

En betterave sucrière, les premières démarches de sélection réalisées visaient logiquement à améliorer la forme de la betterave et sa richesse en sucre. Fruit de ces longues recherches, la productivité en sucre par hectare a notamment augmenté de 50% sur les 30 dernières années ! On produit aujourd’hui 14 tonnes de sucre par hectare en moyenne.

En betterave fourragère, les semenciers se sont concentrés sur la sélection de variétés « fourragères-sucrières », qui sont un bon compromis entre rendement en Unités Fourragères par hectare et facilité de consommation. L’arrivée des variétés monogermes a également eu une incidence positive sur les teneurs en matière sèche, qui sont passées de 8 à 15 %, soit 40 % de valeur énergétique en plus par hectare pour les animaux. Les nouvelles variétés fournissent jusqu’à 20 tonnes de matière sèche par hectare.

Enfin, grâce principalement à l’amélioration des variétés, les rendements en chicorée ont quasiment doublé depuis 30 ans, passant de moins de 6 à plus de 11 tonnes de matière sèche soluble par hectare ! Outre le rendement, la résistance à la montée en graine en première année, la teneur en matière sèche soluble et la facilité d’arrachage ont fait l’objet d’une optimisation continue.

LES AXES DE SELECTION

Les progrès dans la cartographie du génome de la betterave, associés aux applications de la biologie moléculaire, permettent aux sélectionneurs d’identifier des gènes de résistance aux maladies. Ces outils interviennent également dans l’identification d’autres caractéristiques d’intérêt, nécessaires pour obtenir la plante la plus performante et apte à la transformation.

Parmi les enjeux de sélection en betterave à sucre, citons :

  • la productivité de la betterave, sa richesse en sucre et la pureté de celui-ci
  • la tolérance à la rhizomanie, aux nématodes et aux maladies du feuillage
  • la résistance/tolérance à la jaunisse véhiculée par les pucerons
  • le stress hydrique
  • la diminution de la tare terre

On étudie également la possibilité de produire certains constituants intéressants autres que le sucre, ayant des utilisations alimentaires ou pharmaceutiques.

Pour la chicorée, la sélection actuelle est axée sur l’amélioration de :

  • Le rendement en racines, teneur en matière sèche, teneur globale en inuline
  • La vigueur au départ
  • La tolérance aux maladies
  • La forme de la racine, plus courte, mieux adaptée à l’arrachage mécanique, moins cassante
  • Plusieurs critères de qualité : contrôle de l’amertume ; vérification de l’absence de substances allergènes ; critères industriels de transformation ; richesse en principes actifs à l’origine des avantages santé de la chicorée (par exemple, en antioxydants, en principes anti-inflammatoires…).

PRODUCTION DE SEMENCES

La France est un des plus grands pays producteurs de semences de betteraves, car elle possède naturellement un hiver froid pour la vernalisation, un printemps favorable à un démarrage rapide de la végétation et un été à température et insolation favorables pour une maturation des graines.

Réclamant une haute technicité, la filière betteravière française peut compter sur le savoir-faire de ses agriculteurs-multiplicateurs et des établissements de semences. Chaque année, on produit en moyenne 5 475 hectares de semences de betterave, dont 96% sont consacrées aux variétés sucrières. Le Sud-Ouest est la zone de production majoritaire, accueillant 2/3 des surfaces de betterave sucrières et fourragères. Le reste des surfaces est implanté dans le Sud-Est, le Sud du Bassin parisien et enfin le Poitou-Charente.

Produites par plus de 986 agriculteurs multiplicateurs avec le soutien de 20 établissements producteurs, la France est leader de la production de semences de betterave en Europe. Une performance qui se traduit par une forte présence à l’export, puisque l’on retrouve des semences produites dans l’Hexagone dans 39 pays à l’international.